La question salariale reste plus que jamais préoccupante. Le premier quinquennat d’E. MACRON a amplifié la dégradation du fait du maintien du gel de la valeur du point d’indice, désormais c’est près de 20 % de pouvoir d’achat perdu depuis 2010. Le déclassement salarial est tel qu’à l’heure actuelle un·e enseignant·e entrant dans le métier dispose de l’équivalent d’1,1 SMIC, quand dans les années 80 c’était 2,2 SMIC. Par ailleurs, alors qu’étaient actées des avancées significatives dans le cadre de PPCR, le refus de revoir les contingents d’accès à la classe exceptionnelle entre le vivier fonctionnel et le vivier ancienneté, a fait en sorte que de nombreux·ses collègues n’ont pu accéder à ce grade avant le départ en retraite et que de nombreuses promotions ont été perdues. Cette logique, associée à la dégradation des conditions de travail, a accentué le manque d’attractivité pour le métier enseignant·e comme l’atteste cette année le nombre conséquent de postes non pourvus dans certaines disciplines et pour le professorat des écoles.Face à une inflation galopante de près de 7 % cette année, le gouvernement a été contraint d’augmenter la valeur du point de 3,5 %. Cette augmentation relève pourtant du mépris car elle ne compense pas la perte subie. Pourtant, l’épisode COVID a largement contribué à reconnaitre l’utilité de nos métiers et du service public, mais compte tenu de la politique fiscale maintenue qui vise à favoriser les revenus des plus riches et du capital, le pouvoir libéral en place n’entend pas aller plus loin. Pire, au travers du « pacte enseignant·e », c’est une nouvelle fois la logique du travailler plus pour gagner plus qui est envisagée. Ce sera à coup sûr une nouvelle accentuation des inégalités salariales qui se profile entre les femmes et les hommes, alors que nous faisons face à une différence de 17 % dans la Fonction publique.
Il est donc grand temps de mettre un terme à ces choix politiques pour reconnaitre l’engagement des fonctionnaires au service de l’intérêt gé- néral et ainsi permettre aux enseignant·es français·es de rejoindre la rémunération des Allemand·es ou des Luxembourgeois·ses. Ce serait légitime au regard de la place que tient la France en tant que 6ème puissance économique mondiale, car de l’argent existe comme nous avons pu le voir lors de la crise sanitaire. Pour la satisfaction des revendications salariales, comme pour le reste, il nous faudra nous mobiliser, aux côtés des salarié·es du privé, pour obtenir une plus juste répartition des richesses.
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