Oui, avertissement, parce que le SNEP-FSU se fait un devoir, par souci d’efficacité, d’alerter les futurs utilisateurs sur le risque d’une croyance magique dans les textes. Points d’appui indispensables, ces derniers ne suffiront pas dans de nombreux cas à régler les problèmes : encore faudra-t-il s’engager, bien souvent fortement, pour imposer leur respect.

Pourquoi indispensable ?

Pourquoi dans un pays de droit, porter par voie syndicale à la connaissance de la profession des textes que l’administration ou le pouvoir politique sont censés faire respecter ? Rappelons d’abord que tous les textes existants ne sont finalement, à un moment précis, que le résultat de rapports de forces complexes entre des intérêts parfois divergents (politique, administration, enseignants, parents d’élèves…). Partant de là, pour des raisons multiples (autoritarisme, incompétence, orientations politiques «supérieures», etc.), tout décideur peut être tenté d’interpréter un texte dans un sens non conforme à l’esprit de son écriture, voire de l’ignorer… L’actualité, hélas, fourmille quotidiennement de ce type d’exemples, et ce dans tous les secteurs. Il est donc indispensable que chaque collègue, concerné par une situation anormale, ait à sa disposition les textes sur lesquels il pourra s’appuyer, ainsi qu’un bref commentaire lui donnant tout son sens par rapport à nos mandats revendicatifs.

Pourquoi insuffisant ?

Parce qu’être «dans son bon droit» ne suffit pas. Ce n’est pas surprenant au regard de la genèse d’un texte et des points de vue divergents qui y ont conduit. Il est somme toute compréhensible que l’administration, ou le pouvoir politique, confrontés à un texte qui leur a été imposé contre leur gré par un rapport de force incontournable, tentent de passer outre leur propre réglementation. À chacun, le plus collectivement possible, de reconstruire ce rapport de force pour faire prendre en compte le «bon droit». Cela joue pour les intérêts personnels comme pour la défense de notre discipline. Dans un contexte où le passage en force d’orientations politiques ne peut conduire, à un moment donné, qu’au non respect des droits, il va de soi que la connaissance des textes, pour indispensable qu’elle soit, n’est qu’un élément de la bataille qu’il faudra mener pour obtenir satisfaction. Enfin, n’oublions pas, l’activité revendicative ne saurait se sentir muselée par les textes puisqu’elle participe à leur évolution.

Alors prof-fonctionnaire, prof-citoyen… ou prof-fonctionnaire-citoyen ?

Cela dépend de l’idée que l’on se fait du fonctionnaire et des services publics. Si l’on s’accorde à penser que ces derniers jouent un rôle fondamental dans les grands domaines d’intérêt général (celui de l’éducation pour ce qui nous concerne), leur efficacité maximum devient une exigence. Cela n’est possible qu’avec des fonctionnaires pleinement concepteurs et responsables, participant, chacun à leur niveau et à partir de leur compétence, à la production du meilleur service possible ainsi qu’à son amélioration permanente. Point de place, dans cette optique, à des fonctionnaires «aux ordres», ayant perdu, de ce fait, toute dignité eu égard à leurs responsabilités. Dans cette conception, chaque fonctionnaire est un peu à la fois gardien et créateur d’une partie de l’intérêt général. Aussi devrait-il se faire un devoir de se battre jusqu’au bout pour faire respecter des droits et la réglementation inhérente à son activité de fonctionnaire, participant ainsi à la défense de l’intérêt général tout entier. Loin d’être un engagement subversif ou étroitement corporatiste, l’activité revendicative devient alors un passage obligé relevant de sa responsabilité, une question de dignité et de citoyenneté !

SNEP ATOUT n° 7,  novembre 2014

Ce SNEP-Atout est imprimé en novembre 2014. Les textes et références sont donc datés et peuvent devenir obsolètes. Une version « informatique », régulièrement mise à jour, est en revanche consultable par les syndiqués sur le site www.snepfsu.net/espacesyndiqués/Le SNEP-Atout.

Le SNEP ATOUT, une oeuvre commune

Parce que des milliers de collègues considèrent «qu’en étant solidaires on est plus efficaces», ils ont donné au SNEP, par leur adhésion, les moyens de produire ce Mémento. C’est donc une «oeuvre commune». À l’occasion de son utilisation, faites-le savoir !

Ministère des sports

Les personnels de ce ministère ne trouveront pas dans ce mémento, tous les éléments les concernant. Les questions liées au secteur sport ne sont pas traitées d’une façon spécifique dans le SNEP Atout. Par contre nos collègues du ministère des sports recevront prochainement une publication particulière.

Ils peuvent déjà trouver l’ensemble de ces informations sur le site du SNEP www.snepfsu.net/mjs.